| ANNE-FLORE DE ROCHAMBEAU

photo © Marie-Andrée Lemire

Avec une démarche chorégraphique vivement teintée par ses études en mathématiques appliquées et sciences sociales, Anne-Flore se focalise sur le développement d’une gestuelle sensible architecturant l’espace à l’image de nos comportements sociaux. À l’heure où le spectacle performatif et provocateur est en effervescence, Anne-Flore invite le spectateur à un rapport sensoriel du corps et habite l’espace d’une esthétique épurée où les corps incarnent un langage organique et intuitif. Fascinée par les comportements relationnels et adaptatif de l’individu social, elle développe une gestuelle reflétant les mécanismes inconscients qui caractérisent nos interactions.

Après avoir entamé sa formation à Paris et New York, Anne-Flore développe sa pratique en tant qu’interprète et chorégraphe à Montreal depuis 2010. Ses créations voyagent sur la scène montréalaise, canadienne ainsi qu’à l’international.
En 2018, Anne-Flore dévoile le projet solo
Fadeout puis allie danse et poésie dans l’espace public avec le projet participatif Lore. En parallèle à sa recherche personnelle, son parcours est nourri de collaborations, comme pour le projet Entrelacs, proposition in situ créée avec les artistes Liliane Moussa et Marine Rixhon, qui depuis 2015 poursuit chaque année son rayonnement au Québec, en plus d’avoir tournée en France et à Vancouver. Pour 2020, leur collaboration se poursuit aux côtés de Simon Laroche et Danny Perreault, pour le projet et immersif et interdisciplinaire (danse, arts numérique) Laboratoire Popmolle. Elle prendra par ailleurs le rôle de co-metteur en scène avec l’artiste pluridisciplinaire Sophie Gee pour la dernière production de Talisman Théâtre.
À Montréal, elle danse récemment avec Parts+Labour_Danse, Les Soeurs Schmutt, Martin Messier et Liliane Moussa. On la retrouve également en France depuis 2018 avec la Cie Christian & François Ben Aïm pour le premier solo de la série Instantanés. 

En plus d’investir ses multiples rôles au sein de la création, tout au long de son parcours, l’artiste s’engage auprès de la communauté à travers différentes activités de médiations culturelle pour le partage de la danse en mettant en valeur le corps et la sensibilité unique de chacun (ateliers ponctuels ou récurrents, CHSLD, Centre communautaire, en partenariat avec des Maisons de la culture ou le festival Quartiers Danses).


Exploring the social nature of the individual, Anne-Flore’s compositions reflect unconscious mechanisms that characterize our interactions. Investing space with a refined aesthetic, she uses an organic and intuitive language to engage a sensory relationship with the audience.

After combining dance and poetry in public spaces with the participative project Lore in 2018, she reveals the solo Fadeout, in 2019. She is now co-directing with the pluridisciplinary artist Sophie Gee the upcoming production of Talisman Theatre.
In parallel to her personal research, her path is nourished by collaborative works. The in situ project Entrelacs is co created alongside Liliane Moussa and Marine Rixhon and is successfully touring since 2015. This collaboration is enriched with Simon Laroche and Danny Perreault for the interdisciplinary and immersive project Laboratoire Popmolle coming up in 2020.
In Montreal, is recently performing with Parts Labour_Danse, Les Soeurs Schmutt, Martin Messier and Liliane Moussa. Since 2018, she also performs in France with the french company Christian & François Ben Aïm in the first solo of their series Instantané.  

In addition to her involvement on the creative scene, Anne-Flore also engage her practice within the community through several outreach activities, to stimulating and encourage each person’s unique creativity, body and sensitivity. 


 

| QUELQUES MOTS

L’individu, naturellement social, est en partie constitué par son environnement. Cette relation avec ce qui nous entoure est, pour moi, telle une fine toile tissée de connexions invisibles. Ma pratique s’articule autour de ces connexions que nous ne percevons pas ou que nous ne comprenons pas, ces dynamiques qui influencent notre évolution le plus souvent de manière inconsciente.

Mon côté analytique et rationnel dirige ma pratique vers la construction d’architectures spatiales complexes et sensibles. À la recherche d’une organicité tant dans les corps que dans les microcosmes que je construis, je compose avec l’élan des corps en interaction. Il en ressort une structuration de l’espace, matérialisant les différents réseaux qui nous connectent et conditionnent nos relations.

Notre premier moyen d’interagir avec ce qui nous entoure s’opère à travers notre corps. Bien qu’aujourd’hui la technologie et nos modes de vie tendent à réduire l’utilisation intuitive de notre corps, cela reste un mode de communication et d’interaction instinctif et authentique.

Affirmant un univers chorégraphique conceptuel et épuré où le corps sensible tient un rôle central, je me concentre sur la construction d’un rapport sensoriel avec le spectateur. Ce partage corporel intangible, cette connexion propre à l’être social me fascine et enracine ma pratique.

 


The individual is social and is partly constituted by its environment. This aspect of our behavior fascinates me and leads me to the search of a gesture reflecting impulses that carry us and influence our evolution.

I am particularly interested in the intimate cohabitation established between the individual and his environment, how it can influence its emotional and physical behaviors. Our relationship with the environment is such a fine woven canvas of intangible connections between elements evolving in a common space. My work is built around these connections which we do not perceive or do not understand, these dynamics that influence our evolution mostly unconsciously.

My analytical and rational side directs my practice towards the construction of complex and sensitive space architectures. In search of an organicity both in the bodies and microcosms that I build, I compose with the momentum of interacting bodies. It reveals a structuring of space, materializing the different networks that connect us and condition our relationships.

Our first way of interacting with what surrounds us is through our body. Although today technology and our lifestyles tend to reduce the intuitive use of our body, it remains a mode of communication and interaction instinctive and authentic. Affirming a conceptual and refined choreographic universe in which the sensitive body plays a central role, I focus on building a sensory relationship with the viewer.

Investing a conceptual and refined choreographic aesthetic, I tend to use an organic and intuitive language to engage a sensory relationship with the audience.